AID

Un film de Brillante Mendoza - EN FINANCEMENT

Produit par Ghosts City Films (France), Center Stage et Fire & Ice (Philippines), Human Films (Netherlands).

LM fiction. Langue : Tagalog, Anglais, Pampanga, Français.

  • Avec le soutien de l’Aide aux cinémas du monde
    Avec : Judy Ann Santos, Stacy Martin, Jeanne Balibar

  • Copie festival prévue pour décembre 2027

Pitch :

Lorsqu’une militante humanitaire des Philippines obtient le soutien d’une ONG européenne pour aider une communauté autochtone, elle se retrouve aux prises avec un système où l’aide humanitaire est indissociable de la corruption.

Et où les bonnes intentions ont un coût irréversible.

#fiction #drame social

SYNOPSIS

Dans le silence feutré d’une grande maison de ventes européenne, des millions d’euros sont levés au nom de la compassion. Les œuvres d’art sont applaudies, des promesses de dons enregistrées et tous parlent le langage de l’humanitaire. Pourtant, derrière le décorum, l’argent change discrètement de nature. La charité des débuts devient intraçable. Ce qui commence comme un élan de générosité se poursuit, au-delà des frontières, des institutions et des bonnes intentions dans un lieu bien éloigné des salons richement décorés : les contreforts du mont Pinatubo, aux Philippines, dans le canton de Sapang Bato.

Là-bas vit Ruby de la Cruz, employée dans une ONG locale, qui mène une vie dévouée à son travail. Elle dirige des missions médicales auprès d’enfants malades et nourrit les familles autochtones Aetas, déplacées depuis l’éruption du volcan Pinatubo. Marginalisées, abandonnées, celles-ci s’efforcent de survivre malgré les catastrophes et un climat qui se dégrade avec le réchauffement climatique.

 

Dans les tempêtes et les épidémies Ruby se révèle infatigable ; pour sa communauté, elle représente à la fois une figure protectrice, une sœur et une mère. Lorsqu’une école en cours de construction s’effondre pendant un typhon, elle évacue des enfants blessés en bravant la pluie et les torrents de boue, incarnant le sens même de l’aide.

 

Mais la tragédie révèle des failles sous la compassion. Les enquêtes s’enlisent. Les responsables – dont beaucoup sont des proches de Ruby – réfutent les accusations portées contre eux. Les fonds demeurent introuvables. L’aide destinée aux plus pauvres circule en réalité au sein d’un réseau de familles et de politiques où la loyauté envers ses pairs prend le pas sur l’honnêteté.

 

Ruby se retrouve piégée entre ses idéaux humanitaires et le système où elle a appris à évoluer.

 

À distance, Angélique, la donatrice étrangère, voit les résultats comme des preuves, et non comme la vérité. À un niveau au-dessus se tient Marielle, architecte invisible, qui devine une réalité plus sombre : la charité peut être le moyen le plus sûr pour détourner de l’argent. L’ONG devient une filière, la communauté à aider un prétexte et la compassion un mécanisme.

 

Sous la pression, Ruby franchit un ultime seuil moral. Les fonds destinés aux salles de classe et aux réseaux d’eau servent des accords clandestins qui mènent au-delà de la corruption – jusqu’à la violence même. Une nuit, le contenu de colis destinés aux victimes d’une catastrophe est remplacé par des armes. Lorsque Ruby découvre, coincé dans un fusil, un doigt sectionné, ses dernières illusions s’effondrent : le système qui promettait protection finit par produire le mal.

 

Chez elle, son fils – idéaliste, intègre, refusant tout compromis politique – incarne la conscience qu’elle a fait taire. Face à sa résistance silencieuse, Ruby ne peut qu’affronter la vérité : la distance entre l’Europe et les Philippines, entre le donateur et le bénéficiaire, est bien moindre que celle qui sépare l’intention et la conséquence.

 

AID est le récit d’une faillite morale sous couvert d’humanitaire, le portrait de personnes de bonne volonté manipulées par des systèmes destructeurs. Le film raconte comment la charité, quand elle s’associe au pouvoir, se transforme silencieusement en exploitation.

 

Il pose alors une question dévastatrice : lorsque l’aide devient une monnaie d’échange, qui est réellement sauvé ?